Sud Santé Sociaux 56
Solidaires Unitaires Démocratiques (SUD)

Site du syndicat Sud santé sociaux du centre hospitalier du Scorff (CHBS)de la ville de Lorient

Hennebont. À Eudo-de-Kerlivio, des agents sous pression
Article mis en ligne le 9 février 2017
dernière modification le 10 février 2017

par yc
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Le syndicat Sud s’inquiète des conditions de travail des agents de l’établissement gériatrique. Le directeur du CHBS, Thierry Gamond-Rius, lui répond.

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Dans une lettre ouverte adressée au président du conseil départemental, au directeur de l’Agence régionale de santé, ainsi qu’au directeur du Centre hospitalier de Bretagne-Sud, Sud-santé dénonce " la situation très préoccupante que subissent les agents de l’unité de soins de longue durée de Kerlivio. " (NDLR : 6 aides-soignants et 2 infirmiers en semaine, 5 et 1 le dimanche, pour 45 résidents).
"Un aide soignant supplémentaire par jour"

" Il s’agit d’une unité à vocation gérontologique, recevant des patients très dépendants, donc très lourds en termes de charge de travail. Ces patients nécessitent toute la semaine des soins constants, une présence et attention permanente. Il n’y a pas de possibilité de diminuer ces soins le week-end, alors que les effectifs sont très en dessous de ceux de la semaine."

Sud-Santé, qui demande " un effectif d’aide soignant supplémentaire par jour ", invite les représentants de la direction du CHBS, de l’ARS et du conseil départemental à visiter Kerlivio dès 7 h.
L’unité cognitivo-comportementale rouvre

Thierry Gamond-Rius, directeur du CHBS, confirme la situation tendue au niveau des effectifs à Kerlivio. " Nous sommes confrontés à un absentéisme qui rend les remplacements parfois difficiles, explique-t-il. Le problème se situe donc au niveau des remplacements d’absence."

Par ailleurs, poursuit-il, « le manque de lits d’Ehpad sur notre territoire de santé constitue une réalité reconnue par tous, y compris l’ARS. La réouverture de notre Unité cognitivo-comportementale à Kerlivio, à la fin du mois d’avril, se traduira par une amélioration des difficultés auxquelles sont confrontées les équipes : cette unité de 10 lits accueillera des personnes âgées prises en charge pour des troubles du comportement, et apportera une réponse adaptée aux difficultés générées par ces patients déambulants. »
http://www.ouest-france.fr/bretagne/hennebont-56700/hennebont-eudo-de-kerlivio-des-agents-sous-pression-4793312
Catherine JAOUEN.
Lorient, le 06 février 2017


Monsieur KLANEC Marc

Syndicat SUD Santé Sociaux

Du Morbihan

Lettre ouverte

A : Monsieur le Président du Conseil Départemental du

Morbihan

Hôtel du Département
2 rue de Saint-Tropez
CS 82400
56009 Vannes cedex

Monsieur de Cadeville

Agence Régionale de Santé Bretagne
6 place des Colombes
CS 14253
35042 RENNES CEDEX

Copie : Monsieur T. Gamond-Rius D.G C.H.B.S

OBJET : Situation de KERLIVIO U.S.L.D. 1. CHBS Hennebont Invitation à une visite.

Monsieur le Président,

Nous souhaitons vous informer de la situation très préoccupante que subissent les agents de l’USLD (Unité de Soins de Longue Durée) Kerlivio 1er étage du C.H.B.S à Hennebont.

Il s’agit d’une unité à vocation gérontologique, recevant des patients très dépendants, donc très lourds en terme de charge de travail tant pour les Infirmières (I.D.E) que pour les Aides-Soignants (AS). Ces patients nécessitent toute la semaine des soins constants, une présence et attention permanente, il n’y a pas de possibilité de diminuer ceux-ci le week-end et les effectifs du week-end sont pourtant très en-dessous de ceux de la semaine.

L’activité du dimanche pour une Aide-Soignante commence le matin par réinstaller les patients dans leur lit et servir les petits déjeuners, 15 patients dont certains nécessitent de changer leur protection et une toilette (par exemple un pensionnaire qui a déchiqueté son change), d’autres ont besoin d’être apaisés, rassurés (celui, celle qui refuse que l’on s’en approche et l’exprime parfois avec violence). L’A.S doit également servir puis aider 10 résidents à manger et tout cela en une petite heure.

Dès 8H la matinée se poursuit par les 15 toilettes de ces patients très dépendants, et « grabataires » qui ne peuvent être mis au fauteuil pour certains. Cela signifie pour la toilette, l’habillage et l’installation au fauteuil une moyenne de 16 minutes pour chacun d’entre eux, une « cadence de travail » qui ne peut qu’indigner : elle ne permet pas la mise en pratique complète des principes élémentaires et humains des soins auprès des personnes dépendantes.

Pour soigner de façon humaine (au risque de nous répéter encore) il faut :

  • en prendre le temps de décrire ses actions,
  • demander l’accord du patient,
  • le faire participer au maximum de ses capacités physiques et mentales.

Cela prend plus de temps, davantage de temps que si le soignant fait tout lui-même mais c’est le prix pour maintenir le résident autonome le plus longtemps possible.

Dans les structures mieux dotées en personnel, les A.S accompagnent à la marche vers la salle d’animation les patients qui le peuvent, proposent des soins esthétiques ou de massage.

Dans ces 16 minutes les soignants doivent également enlever le linge sale, refaire le lit, mettre au propre la chambre après la toilette, préparer le matériel, les vêtements et répondre aux sonnettes des différents résidents.

Nous décrivons ici le quotidien ordinaire des résidents et des soignants mais il ne faut pas oublier que ces personnes très âgées nécessitent régulièrement du temps ou des soins complémentaires lorsqu’ils sont malades, fatigués, perturbés ou déprimés, que l’AS doit parfois aider l’infirmière dans ses soins (par exemple pour soigner des escarres).

Nous tenons à vous exprimer la souffrance au travail du personnel. Il a suivi des formations professionnelles à la bientraitance des personnes âgées et est très sensibilisé à la question du bien-être des résidents. On lui a notamment appris à mieux comprendre les pathologies dont ils souffrent telle que la démence et les conséquences qu’elles induisent sur le comportement. Une AS témoigne : ’Nous avons été formés (nous dirions exposés) au concept « d’humanitude », qui vise à restituer à la personne sa dignité d’être humain et s’inscrit ainsi dans une démarche de bientraitance’.

Mais, dans les faits, le personnel manque de temps pour mettre en œuvre ces formations. ’On utilise que 10 à 20% des conseils qui nous ont été donnés’, déplore une autre AS. ’Frustrée’, cette AS dit prendre beaucoup sur elle. Elle aimerait accorder plus de temps aux résidents, notamment pour parler avec eux. ’Ils ont droit à notre reconnaissance. Si ma grand-mère séjournait là, j’aimerais qu’on prenne soin d’elle !’ déclare-t-elle. ’De plus, quand on accueille ces personnes pour la première fois avec leurs proches, on leur montre tout ce qu’elles peuvent faire, notamment un certain nombre d’activités mais dans les faits nous ne pouvons les y accompagner’.

Nous trouvons toujours navrant d’avoir à rappeler que nous ne travaillons pas seulement sur l’humain, mais avec l’humain et les plus fragiles d’entre nous des personnes âgées très dépendantes.

Nous demandons un effectif AS supplémentaire par jour afin d’améliorer sur l’ensemble de la semaine les soins quotidiens des résidents et diminuer la souffrance au travail des agents.

Nous vous invitons à venir constater par vous-même la dure réalité d’un USLD en venant sur le site de Kerlivio dès 7H00 et à vérifier l’impérieuse nécessité de notre requête.

La baisse de près de 14 milliards d’euros sur les campagnes tarifaires 2015/2017 de la part de l’état vers les collectivités a conduit à ce que de nombreux Conseils Départementaux décident de faire des coupes sombres dans les budgets votés annuellement.

De son côté l’ARS (Agence Régionale de la Sante), contrainte par un ONDAM (Objectif des Dépenses D’Assurance Maladie) indécent ne cesse de diminuer les dotations versées au titre de l’assurance maladie et les C.E.P.O.M (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens), dernière « bonne idée » ne règleront pas le problème du financement. Notre syndicat continuera à s’opposer à toute nouvelle limitation des financements qui font déjà grandement défauts aujourd’hui.

Le sort que nous réservons aux personnes âgées et dépendantes touche au scandale, il est plus que temps d’y remédier en injectant les effectifs que nécessite cette activité. Nous dénonçons une déchéance morale de notre société et du politique qui se détournerait du problème.

Aussi, c’est au vu de ce constat que nous avons l’honneur de solliciter une audience et de vous lancer cette invitation.

Nous souhaitons dans ce cadre évoquer plus particulièrement les points suivants :

  • Les interrogations qui restent les nôtres sur l’impact réel des modifications par l’article 58 de la loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement) quant à la tarification des EHPAD/USLD et de la transition Convention tripartite vers un régime CPOM.
  • L’impact sur les établissements médico-sociaux de la mise en œuvre des G.H.T.
  • La situation financière des établissements, sujet majeur pour les équipes de Direction et bien sûr en tout premier lieu, des personnels et des résidents.
  • Les patients sont beaucoup plus lourds en terme de prise en charge qu’il y a même dix ans et les effectifs sont restés constants. La dégradation comme énoncée ci-dessus des conditions d’exercice et des conditions de travail pour les personnels confrontés très au-deçà des objectifs du plan solidarité grand âge. Nous profitons de ce courrier pour, une fois, de plus dénoncer auprès de vous les grandes tentions que connait le secteur sanitaire numéro 3 (pays de Lorient), de façon chronique, autour de la question des lits d’hospitalisations.

Nous avons toujours un déficit très important, par rapport à la moyenne régionale, sur les lits de Longues durées qui concernent la personne âgée et connue une récente crise, par manque de lit d’aval, au service des Urgences que l’épidémie de grippe n’explique pas selon nous.

Dans ce contexte, la fermeture de 25 lits de psychiatrie dont 5 a vocation Geronto/psy sur Quimperlé est absolument insupportable et nous vous sollicitons pour que vous usiez des moyens dont vous disposez pour que la réouverture de ces lits ce fasse au plus tôt.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Directeur, l’expression de toute ma considération.

Pour le Syndicat SUD Santé Sociaux

Le secrétaire

Monsieur KLANEC Marc


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