Sud Santé Sociaux 56
Solidaires Unitaires Démocratiques (SUD)

Site du syndicat Sud santé sociaux du centre hospitalier du Scorff (CHBS)de la ville de Lorient

La révolte des petits Pussin !
Article mis en ligne le 19 mars 2019

par yc
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Agnès Buzin, Ministre des solidarités et de la Santé vient d’annoncer une rallonge budgétaire de 100
millions d’euros pour la psychiatrie qu’elle définit, en reformulant nos slogans, comme « le parent
pauvre de notre système de santé ». Cette fausse bonne nouvelle tente de cacher dans quelle
catastrophe financière se trouvent réellement les hôpitaux et en particulier la psychiatrie qui, faute
de moyens humains, voit ses pratiques régresser au temps de l’asile. Retour au grand
renfermement, augmentation des soins contraints, explosion des prescriptions de psychotropes…
Alors que des milliers de lits ont été fermés depuis.
Patient-es et soignant-es n’ont plus droit à la parole,
ni pour soigner ou se soigner, ni pour revendiquer
Extrait du Manifeste « Pour un renouveau des soins psychiques »
« Contrairement à la tendance actuelle qui voudrait que la maladie mentale soit une maladie comme
les autres, nous affirmons que la psychiatrie est une discipline qui n’est médicale qu’en partie. Elle
peut et doit utiliser les ressources non seulement des sciences cognitives, mais également des
sciences humaines, de la philosophie et de la psychanalyse, pour contribuer à un
renouveau des soins axés sur la reconnaissance de la primauté du soin
relationnel. Notre critique de ce qu’est devenue la psychiatrie ne peut
faire l’impasse sur la responsabilité de ses gestionnaires.
Nous voulons en finir avec l’augmentation continuelle du recours à
l’isolement et à la contention, la contrainte doit cesser d’être la
norme. Le droit des patients, hospitalisés ou non, est régulièrement
ignoré, parfois volontairement bafoué. Cette violence
institutionnelle, régulièrement condamnée par la Cour européenne
des Droits de l’Homme, touche en premier lieu les soignés, mais affecte
aussi les soignants. La psychiatrie et le secteur médicosocial doivent
pouvoir s’appuyer sur des équipes stables avec des personnels non
interchangeables quel que soit leur statut. Ils doivent pouvoir bénéficier d’une assise solide qui
autorise la parole et propose de véritables évolutions de carrière.
Au-delà du soin, nous voulons travailler à des accompagnements alternatifs, nouer des liens
équilibrés avec les différentes associations qui oeuvrent dans la cité. Nous voulons multiplier les lieux
qui cultivent le sens de l’hospitalité avec un accueil digne et attentif aux singularités de chacun. »
Retrouvez l’intégralité du manifeste sur printempsdelapsychiatrie.org
Le 21 mars 2019 Grève, Manif nationale à Paris et Rassemblements !
Printemps de la Psychiatrie
La révolte des petits Pussin !
Nos salaires en danger
Si les syndicats patronaux saluent l’augmentation de 1.6 % de la
dotation annuelle de financement des hôpitaux psychiatriques
publics et ESPIC (privé non lucratif), c’est parce qu’ils savent
qu’ils ont eu chaud ne sachant pas comment ils allaient payer nos
salaires fin 2019, une bombe à mèche courte dans un climat
social déjà très tendu.
Les 100 briques vont paradoxalement leur permettre de faire des
économies en continuant de détruire nos emplois, de l’argent
liquide pour éteindre le feu là où les luttes exemplaires risquent
de contaminer les hostos alentours. 100 briques pour empêcher
la plaine de s’embraser. 100 briques pour freiner la convergence
des luttes. Pas de bol…
Comme les camarades de Pinel à Amiens, comme les grévistes de la faim du Rouvray, comme les perchés
de Pierre Janet du Havres ou encore les isolés de l’EPSM de Caen… On lâchera rien, on fera parler de nous,
on usera de notre folie pour encore et toujours mieux accueillir celle de ces autres nous-même qu’on dit
fou !
La fin du secteur psychiatrique
Dans le contexte réformateur « Ma santé 2022 » qui lui est
très défavorable, le secteur psychiatrique joue aujourd’hui sa
survie. Une ministre qui tout en citant Bonnafé ou Foucault,
impose à tous les hôpitaux psychiatriques d’intégrer sans
délai les groupements hospitaliers de territoire (GHT), dont
le principe est d’inciter les établissements de santé à
mutualiser leurs équipes…
Une réforme du mode de financement de l’hôpital illisible en
particulier pour les CHU qui accros à la T2A (Tarification à
l’activité) vont tenter d’absorber en les intégrant rapidos,
tous les budgets des petits hôpitaux autour d’eux, dont les
premiers sur leur liste, les CHS et autres EPSM. Ce sera
chacun pour soi dans un contexte où lesdits « hôpitaux de
proximité » seront eux transformés en gros dispensaires
(sans service de chirurgie ni maternité).
Les nouveaux critères « double bind » du « dispositif
d’incitation financière à l’amélioration de la qualité »
imposant aux établissements d’assurer leur engagement
dans « la qualité des prises en charge perçue par les patient-es »… performance de l’organisation des soins,
qualité de vie au travail, démarche de certification... Vu l’état de nos services, on n’est pas près de gagner
une thune là-dessus…
Sauf si en contrepartie on accepte de fonctionner suivant la volonté moderniste de la Haute Autorité de
Santé (HAS). Sauf si on accepte les suppressions de poste. Qui pourra refuser lorsque la réforme du statut
des fonctionnaires sera passée et que les équipes seront constituées de contractuel-les facilement jetables
 ?! Qui pourra refuser quand la réforme des retraites sera opérante et où chacun s’engagera dans la course
aux points pour éviter de ne toucher point de retraite ?!
Les dernier-ères psychistes
Sauf à prendre des postures de circonstance, les dirigeants d’hôpitaux et les politiques au pouvoir tiennent
un même langage et adoptent les mêmes stratégies de désinformation. Comme le fait la ministre avec son
obole de 100 millions, les directeurs tenteront de rassurer en contenant les budgets le temps que l’orage
passe. Ils dégageront des « marges financières » issues de la « recherche d’efficience » qui « présideront aux
projets d’harmonisation des soins entre soma et psyché (Dixit la ministre).
En clair et traduit de la langue de bois, ce sont des milliers d’emploi qui vont disparaître en psychiatrie jusqu’à
ce que sa masse salariale atteigne les 60 % projetés en MCO (Médecine Obstétrique Chirurgie). C’est le
personnel et les patient-es qui vont trinquer. C’est nous toutes et tous qu’ils vont dégager si on ne bouge
pas !
C’est un désastre humain qui est annoncé en psychiatrie, tant pour le personnel qui verront leurs conquis
sociaux et leurs emplois disparaître, tant pour les patient-es qui paieront dorénavant leurs « chambres
individuelles » (dont les CSI !) et (re)découvriront l’asile et le « pavillon des agités »…
Un pour tous, tous Pussin !
C’est contre ce traitement réservé aux aliénés, que Jean-
Baptiste Pussin, premier des infirmiers psy, dans un geste
thérapeutique, leur enlèvera les fers le 4 prairial de l’an VI. La
France venait de faire révolution…
Nous, enfants de Pussin, si nous ne voulons pas être réduit à
devenir des CRS de la Santé, avons le devoir de continuer sa
démarche désaliéniste commencée il y si longtemps qu’elle
semble sans fin et de l’améliorer encore et toujours quitte à
devoir désobéir.
TRUST – LE MITARD
« Il tourne, il tourne en des milliers de pas
qui ne mènent nulle part.
Dans un monde de béton, aux arbres de barreaux.
Inhumain... Rétréci... Sans aucun lendemain.
Sa pitance est glissée sous une grille à terre.
Et dans un bol l’eau... pour qu’il se désaltère.
Il est seul... sans soleil.
Et n’a même plus son ombre.
Infidèle compagne, elle s’en est allée... »
Partout en France se prépare un événement appelé
« le Printemps de la Psychiatrie ».
Chacun d’entre nous, d’entre vous peut y participer selon et la façon de son choix, l’objectif étant d’affirmer au
gouvernement que nous, professionnels de terrain et ses usager-ères, nous ne partageons pas sa vision future de la
psychiatrie.
Pour la Fédération SUD Santé-Sociaux, la convergence des luttes de la psy, avec l’ensemble du secteur sanitaire, social
et médico-social s’impose comme une évidence, pour stopper les politiques d’austérité à l’oeuvre partout, retrouver
du sens professionnel et travailler dignement au service des patient-es et des publics.
Manif nationale et les rendez-vous le 21 mars à Paris
9h30 rendez-vous au pied de la statue de Pinel,
square Marie Curie (29 bld de l’Hôpital, Paris 13eme)
12h Départ en manifestation jusqu’à la place de la République.
13h- 15h agora citoyenne sur la place de la République
15h Assemblée générale à la Bourse du Travail (29 bld du Temple)
Un grand mouvement des professionnel-les du secteur
sanitaire et social et de la population directement
concernée, doit être mis à l’ordre du jour !
Dans les secteurs de de la Santé et du Social nous le
construisons dans les collectifs locaux auto-organisés de
lutte. Nous invitons l’ensemble des personnels et
organisations à construire ces collectifs et à s’y
impliquer.
Tous et toutes concerné-es ! Tous et toutes ensemble !
Professionnels, patient-es, familles,
imposons un plan d’urgence pour la psychiatrie !
SUR WWW.SUDSANTESOCIAUX.ORG/LAPSYVAMAL
Retour en vidéo du précèdent rassemblement : la psychiatrie en
sandwich de janvier
SUR WWW.SUDSANTESOCIAUX.ORG/PSYENLUTTE
Un reportage vidéo sur les luttes des hôpitaux psy au Rouvray, Pinel
à Amiens, les perches du havre ou Saint-Anne à paris.


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