Sud Santé Sociaux 56
Solidaires Unitaires Démocratiques (SUD)

Site du syndicat Sud santé sociaux du centre hospitalier du Scorff (CHBS)de la ville de Lorient

Le résumé d’une semaine d’une grande violence
Management" de la terreur au GHBS
Article mis en ligne le 12 mai 2019
dernière modification le 27 mai 2019

par yc
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"Du jamais vu"
"sanctions sidérantes"
"Honte à vous"

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https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/ghbs-des-sanctions-siderantes-a-l-encontre-de-quatre-agents-07-05-2019-12277849.php?share_auth=50f39086b59a5e08aa674d415c7cf318#r1UIQrVx5sFjZIVV.01
Abaissement d’échelons, exclusion, avertissement, quatre agents ont été sanctionnés par la direction du Groupe hospitalier Bretagne sud. Dans une première affaire, la direction dénonce « un non-respect de la dignité des résidents ». Dans une deuxième, des faits d’intimidation et de pression sont reprochés à un agent. « Des sanctions sidérantes » selon les syndicats.

La direction du Groupe hospitalier Bretagne sud (GHBS) a rendu sa décision suite au passage de quatre agents devant le conseil de discipline, le 9 avril dernier. Une première affaire concernait une équipe de l’Ehpad Port-Louis Riantec qui, le 23 décembre 2017, a « délibérément décidé de ne pas lever ni habiller les résidents de la maison de retraite au lieu de renoncer à d’autres tâches secondaires », expliquait dans un communiqué Thierry Gamond-Rius, directeur du GHBS.
Ce samedi 4 mai, les agents concernés ont reçu, par courrier recommandé, leur sanction. Une infirmière a été exclue six mois sans salaire à partir du 1er juin. Une aide médico-psychologique a été sanctionnée par un abaissement de six échelons sans ancienneté retenue, « soit une perte de 130 € par mois et 11 années d’ancienneté », assurent les syndicats. Le troisième agent, une aide-soignante, a reçu un avertissement. Une aide-soignante était aussi entendue pour des faits de pression et d’intimidation sur « un soignant contractuel dans le but qu’il ne fasse pas d’heures supplémentaires » selon la direction. L’agent a été sanctionné par un abaissement de deux échelons.
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/ghbs-des-sanctions-siderantes-a-l-encontre-de-quatre-agents-07-05-2019-12277849.php#kZ12Ovu70j3BoY7s.99

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https://www.ouest-france.fr/bretagne/riantec-56670/ehpad-de-riantec-les-syndicats-denoncent-des-sanctions-tres-lourdes-et-sans-concertation-6339957?&tb_cb=1
Trois agents de l’Établissement pour personnes âgées de Port-Louis-Riantec sont passés en conseil de discipline le 9 avril. Les sanctions, très lourdes estiment les syndicats, sont tombées le 4 mai.
Ils étaient accusés de non-respect des droits des résidents et non respect des obligations déontologiques (Ouest-France du 9 avril).

« La direction accuse nos collègues infirmières, aides-soignantes, d’avoir porté atteinte à la dignité des personnes âgées. Elle reproche à l’équipe soignante, en sous-effectif, d’avoir dû, un jour de décembre 2017, prioriser les soins de nursing et le temps de repas, en laissant certains résidents au lit », expliquent les délégués syndicaux.
Exclusion de 6 mois sans salaire

Pour les trois agents de l’Ehpad : la première est exclue six mois sans salaire, à partir du 1er juin (soit une perte estimée à 10 000 €). La deuxième se voit sanctionner par un abaissement de six échelons sans ancienneté (soit une perte de 130 € par mois et onze années d’ancienneté). La troisième reçoit un avertissement.

Un quatrième agent, une infirmière représentante CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) est rétrogradée de deux échelons, soit une perte de 260 € par mois et six années d’ancienneté. « Ces décisions très lourdes et sans concertation sont une première. C’est du jamais vu, dénoncent les représentants syndicaux. Le mode de management imposé conduit au risque de maltraitance institutionnelle programmée et fait porter sa responsabilité sur les personnels, allant jusqu’aux sanctions, en remettant en cause le professionnalisme. Cette répression s’est intensifiée depuis la fusion des hôpitaux (le CHBS devenu GHBS). Ces dérives se traduisent par un nombre incalculable de procédures disciplinaires. »
Un recours gracieux a été adressé pour chaque agent. « Dans la négative, nous exercerons un recours contentieux, avec avocat, devant le tribunal administratif, avec un référé pour le premier cas (L’agent exclu 6 mois sans salaire). Une cagnotte de solidarité sera créée. »

"Management" de la terreur au GHBS"
Au sein d’un environnement hospitalier contraint où les professionnels doivent faire toujours plus avec toujours moins de moyens, le management se place comme l’arme relationnelle de la gestion. À travers lui, l’« efficience » est devenue une règle de « bonne gestion » désormais incontournable : l’humain est mis à mal, dépouillé petit à petit de sa capacité de réflexion ainsi que de son langage.
Des dérives de ce management par la terreur existent, au GHBS elles se traduisent par un nombre incalculable de procédures disciplinaires depuis le début de cette année 2019.
Penser un hôpital comme une entreprise qui doit être rentable, est, à notre sens, d’une stupidité sans nom. Mais c’est bien dans la lignée néolibérale pour laquelle toute activité humaine doit répondre à une logique de marché. Et quand on a décidé de répondre favorablement à une telle injonction, quand on fait trop vite allégeance au système, on décide dans le même temps, qu’on le veuille ou non, de dégrader la qualité des soins.
Et dans le petit monde du soin, au GHBS, les contraintes managériales ne se laissent pas réinterroger, sous peine d’être vécu tel un renégat (ne pas coller à l’esprit d’entreprise, ne pas être loyal !).
Le management est l’arme relationnelle de la gestion. Le procès FranceTélécom qui s’ouvre aujourd’hui est là pour nous le rappeler, nous ne voudrions pas voir dans quelques années ce même procès concernant les « managers » de l’hôpital et pourtant c’est, à ce jour, le chemin que nous prenons si les directions persistent dans leur volonté de sanctionner pour sanctionner. Ce qui devrait peut-être nous interroger, nous qui travaillons avec des humains et qui, théoriquement, faisons oeuvre d’humanité !
Nous pourrions utilement nous demander ce qui pousse des humains à mépriser l’humanité, ce qui pousse des décideurs à participer à la destruction de l’hôpital ?
L’une des probables réponses à cette question tient dans le fait que depuis l’avènement des pôles médicaux, les médecins chefs de pôles et cadres de santé supérieur responsables de pôles, sont devenus, de fait, des « gestionnaires ». Le soin est maintenant très largement infiltré par les principes de gestion et de management. Nous ne voulons là jeter la pierre à personne en particulier, puisquequ’ inscrit dans une chaîne hiérarchique, un manager est souvent sous la pression d’un autre, plus haut placé. Tous entendent faire respecter les objectifs en imposant des contraintes à leurs voisins de dessous. Dans pareil climat on est souvent le manager et le managé de quelqu’un d’autre, l’élément d’un système très enveloppant que l’on porte aussi, plus ou moins, dans ses entrailles cérébrales.
Bien évidemment, il arrive toujours un moment où la réalité dépasse la fiction. Alors, le moment venu, à chacun de faire son choix : obéir aveuglément au dictat et entrer dans la soumission totale à l’autorité, ou résister, continuer de penser, privilégier l’humain, ce qui de nos jours est un vrai militantisme.

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